LES JEUNES – Savez-vous ce qu’ils veulent?

Question 4: Comment est-ce que vos programmes se lient-ils aux besoins et aux ambitions des jeunes?

  • Les jeunes ajustent leurs attentes en fonction de ce que l’ONG peut, de manière réaliste, leur offrir. Peut-être cela n’est pas un emploi, mais du soutien pour surmonter des lacunes de formation et de capital.
  • Les jeunes apprécient les programmes d’ONG pour leurs aboutissements économiques et non économiques.

Les jeunes ont une capacité à formuler leurs attentes de manière réaliste en fonction de ce que L’ONG peut leur offrir et ce dont elle n’est pas capable de leur accorder. Un point de départ productif pour l’élaboration de programmes pourrait mettre l’accent sur leurs besoins et expériences, plutôt que de rédiger des propositions génériques d’embauche et de génération de revenus. Vous faut-il plus de clarté sur la terminologie utilisée ? Consultez notre glossaire.

Par où commencer?

Un point de départ utile pour l’élaboration de programmes est de raisonner en termes d’obstacles concrets que les jeunes doivent surmonter afin d’atteindre leurs ambitions. En premier lieu, prenez le temps d’écouter les attentes des jeunes dans leurs milieux respectifs, pour ensuite repenser à ce que votre organisation pourrait leur offrir.

Que démontre notre expérience?

Bien que les jeunes aient de grandes aspirations, ils ajustent leurs ambitions aux opportunités qui se présentent à eux en fonction du contexte. Ils n’attendent pas vraiment que les ONG leur apportent des emplois sûrs et bien rémunérés. Par contre, ils valorisent l’assistance qui leur est accordée, pas pour leur assurer une indépendance économique, mais par ce que cette assistance peut être une première étape déterminante pour leur assurer cette indépendance. Ils espèrent que le capital ou la formation leur donnera un avantage pour commencer à générer un, ou plus de revenus.

Par ailleurs, ils apprécient aussi les aboutissements non économiques. La participation à un programme leur fournissent un projet sur lequel s’appuyer, les intègre à un contexte social, leur donnent une base pour participer à un travail collectif, et leur permet de soutenir l’espoir d’un futur meilleur.

Fréquemment, les programmes finissent bien avant que les opportunités se matérialisent.

Toutefois, les jeunes sont aussi conscients des limites de programmes d’ONG. Fréquemment, les programmes finissent bien avant que les opportunités se matérialisent pour eux ; les effets atteints ont tendance à se dissiper progressivement ; et ce qui semble avoir été une étape importante peut mener à des résultats décevants. Les micro-entreprises sont établies mais sont entres elles face à une concurrence forte, et leurs marges de profits stagnent.

 

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Les enjeux économiques

L’étude démontre que les jeunes formulent des attentes réalistes en fonction de ce que l’ONG peut et ne peut pas leur faciliter. Ils différencient entre l’immédiat, les enjeux pratiques et les enjeux de nature plus systémique.

Les enjeux plus larges comptent l’exclusion politique et ethnique, l’insécurité, le déplacement, ou les pratiques culturelles qui entravent le développement des jeunes (par ex. les pressions sociales qui valorisent le mariage au détriment de l’éducation). Les jeunes interviewés ont majoritairement considéré que ces enjeux étaient au-delà de la portée des ONG.

Au contraire, les jeunes espèrent que les ONG les aideront à surmonter les enjeux immédiats auxquels ils font face ; des enjeux qu’ils définissent au niveau individuel, tel que l’accès individuel à la formation et au capital.

Lorsque les programmes et les besoins s’unissent et se désunissent

Les jeunes participant aux programmes d’ONG ont largement exprimé de l’appréciation. Les programmes leur offrent le capital et la formation qu’il leur faut pour avancer économiquement. Par exemple, les groupes d’épargne collective permettent aux jeunes l’accès à un capital afin d’ouvrir des petits commerces, ou d’investir dans d’autres ressources, tel que les intrants agricoles. Par ailleurs, l’accès au capital pourrait leur permettre, à eux ou leur famille, de poursuivre leurs études.

La formation aide aussi certains jeunes à s’engager dans de nouvelles activités génératrices de revenus. « Les filles ont acquis des compétences, certaines d’entre elles ont continué à travailler dans le métier après la fin de projets, mais d’autres ont quitté le quartier. Nous ne savons pas si elles ont réussi à continuer leurs activités. Il n’y a pas beaucoup de changements et les filles continuent leurs métiers sans avoir besoin de travailler les champs, ce qui est probablement une bonne alternative au travail agricole » [jeune homme, Bujumbura, Burundi].

Les interventions économiques offrent aussi des aboutissements non économiques. Ceux-ci sont aussi appréciés, même quand le revenu économique est modeste. « Bien que l’impact économique n’est peut-être pas durable, nous bénéficions d’autre choses que ceux qui ne participent pas au projet. Nous n’avons plus le temps de traîner dans les rues et se causer des ennuis » [jeune homme, Cibitoke, Burundi]. Dans ce cas précis, la participation à un projet d’ONG aide à surmonter la stigmatisation des jeunes en tant que « fainéants ».

Néanmoins, les individus interrogés sont inquiets que les effets positifs ne peuvent pas durer. Les programmes sont souvent terminés avant que les effets positifs soient tangibles. « Nous étions déçus de ne pas recevoir le financement pour les projets par le biais de l’organisation. C’était ces projets qui nous aidaient à maintenir une cohésion et nous permettaient de travailler ensemble. Sans ces projets les jeunes risques de retourner à leurs camps [politiques], et il ne nous reste plus d’activités qui nous unissent » jeune homme, Cibitoke, Burundi].

Les interventions favorisant l’opportunité économique n’atteignent souvent pas l’attente des jeunes à vouloir devenir économiquement indépendants. Une des raisons étant que la compétition est forte entre commerces similaires, et un manque de pouvoir d’achat parmi la clientèle. « Souvent, nous n’avons pas de clients. Quand nous faisons du commerce, nous attendons les clients mais ils ne viennent pas. Nous pouvions vendre plus auparavant, mais maintenant que nous avons été déplacés à Kinama, moins de gens peuvent acheter » [jeune femme, Kinama, Burundi].

Les micro-entreprises ne sont pas susceptibles de s’élargir. Si elles ne sont pas à risque de fermer définitivement, elles n’assurent qu’un petit revenu supplémentaire.

« S’en sortir » ou « aller de l’avant »

« Il est apparent que lorsque quelqu’un gagne un peu d’argent [par le biais de l’EFTP] il n’est pas bien différent de quelqu’un qui ne gagne rien du tout » [responsable, Rumbek, Soudan du Sud]. Nous avons découvert une tendance de la part de nos interviewés à diminuer leurs ambitions en fonction de ce que l’ONG peut raisonnablement leur offrir. Les jeunes veulent, et ont besoins, d’avancer. Les programmes d’ONG ne leur permettent souvent juste que de s’en sortir. Les jeunes interrogés sont conscients de cette divergence, mais est-ce que les ONG en sont elles conscientes ?