BUT – Quels objectifs souhaitez-vous atteindre?

Question 1: Cherchez-vous à créer des emplois ou à apporter des sources de revenus supplémentaires?

  • Les opportunités à devenir des agents économiques efficaces découlent du travail non-salarié (autonome), et non pas de l’emploi.
  • Les activités d’ONG qui génèrent des revenus contribuent, mais ne remplacent pas, les sources multiples de revenus desquels les individus dépendent.

Que pourriez-vous faire concrètement à propos du manque d’opportunités économiques des jeunes dans les situations de fragilité ? Quelles seraient les ambitions réalistes des programmes d’ONG ? Il est probable que ces programmes ne couvrent pas tout les besoins des jeunes : des postes d’emplois dignes et des moyens de subsistance sûrs. Vous faut-il plus de clarté sur la terminologie utilisée ? Consultez notre glossaire.

Par où commencer?

Nous vous proposons deux points de départs pour l’élaboration de programmes ayant pour but de renforcer la capacité des jeunes à être des agents économiques. Le premier est de stimuler l’entrepreneuriat et créer les conditions propices pour le développement des commerces. Le second est de focaliser sur le renforcement de moyens de subsistances, par le biais de groupes d’épargne, de projets de microcrédit et la formation vocationnelle.

Ces deux options se centrent sur les opportunités au travail non-salarié et non pas à la création d’emplois. La première approche semble favorable en terme du travail autonome et de la stimulation de l’économie ; mais est-elle favorable dans le contexte des situations de fragilité ? La seconde approche semble plus appropriée au contexte du marché rural où les ressources monétaires sont limitées ; mais est-ce que cette approche est capable de stimuler le pouvoir économique des jeunes sur le long terme ?

Que démontre notre étude?

L’emploi salarié, à une échelle significative, n’est pas réalisable dans les situations de fragilité, et il est malheureusement improbable que les ONG arrivent à changer ceci. La plupart des ONG se trouveront à contribuer au travail non-salarié, ou plus modestement, à contribuer à la mosaïque d’activités générant des revenus aux jeunes afin de s’en sortir. Le défi est de trouver le moyen de créer des perspectives d’avenir pour une indépendance économique afin que les jeunes puissent aller de l’avant.

Le défi est de trouver le moyen de créer des perspectives d’avenir pour une indépendance économique afin que les jeunes puissent aller de l’avant.

Le débat des politiques autours du sujet d’opportunités économiques pour les jeunes est fortement marquée par le concept de « l’emploi pour la stabilité », suggérant que les emplois pour les jeunes (« jobs for young men ») sont une antidote efficace au recrutement dans les milices et les gangs criminels. Regarder le clip TED talk de l’économiste Paul Collier Mais est-ce un point de départ approprié pour l’élaboration de programmes d’une ONG ?

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Plus de résultats de notre recherche

Au-delà de l’emploi

Le concept de « l’emplois pour la stabilité » est attrayant. Regarder le rapport 2013 de l’Institut ODI (en anglais) Le président de la Banque Mondiale, Jim Yong Kim affirme : « Les emplois équivaux à la paix. Les emplois créent la stabilité dans les pays fragiles ». Pour la déclaration complète de Kim, cliquer ici (en anglais) Est-ce que cette hypothèse se tient à la pratique ? Voir l’étude de Brück, Krisko and Tedesco, 2015 (téléchargement pdf) (en anglais) Peut-on vraiment affirmer que les conflits de violence dans les situations de fragilité sont une conséquence directe du chômage des jeunes hommes ? Et de manière plus importante, est-ce que des emplois sont réellement créés ?

Différentes organisations développent des interventions favorisant les opportunités économiques dans les situations de fragilité avec des libellés divers. En effet, certaines utilisent des termes tels que « l’entrepreneuriat » et « le développement commercial » ; d’autres utilisent les mots-clés tels que : « la résilience économique », « l’émancipation économique » ou « la citoyenneté économique ». Bien que ces termes soient différents, ces organisations ont toutes la même obligation binaire : celle de Cité du travail de Mallet et Slater (2016) (en anglais) « générer des bienfaits de prospérité matérielle, et de contribuer à la consolidation de la paix » (Mallet et Slater, 2016). Cependant, Mallet et Slater (2016) affirment aussi que ces obligations ne sont que très rarement réalisées, dans le contexte des interventions favorisant les opportunités.

Nombre d’organisations ont réagi au manque d’opportunités économique pour les jeunes hommes et femmes de situations de fragilité, mais peu de leurs programmes aboutissent à des emplois salariés. Ce qu’elles facilitent, par contre, est l’accès au travail autonome non-salarié, ou elles leur permettent de créer d’autres activités supplémentaires génératrices de revenus.

Résultats du travail de terrain

Notre étude confirme le paysage pessimiste décri ci-dessus. Là où certaines organisations qui participent à notre étude visent la création d’emplois, le résultat est majoritairement du travail non-salarié. Pour d’autres organisations, « l’emploi » ne leur est pas un objectif central, mais plutôt visent à soutenir les jeunes à générer du revenu. Parmi les organisations participantes, nous avons identifié différentes objectives, tels que l’entreprenariat, la résilience économique et la citoyenneté économique.

Certaines des organisations participantes mettent l’accent sur l’entreprenariat et le développement de commerces. Elles misent sur des commerces qui ont du potentiel et les aide à croître. De sorte, elles créent des opportunités économiques pour l’entrepreneur, et pour d’autres si le commerce est prospère. Ce type de travail met de l’importance sur la chaîne de valeur, et mettent en place des activités tels que des compétitions de plans d’affaires, des formations dans l’entrepreneuriat et le microcrédit. (Des exemple de nos travaux de terrains : le miel en Soudan du Sud, et le sorgho au Burundi).

D’un autre côté, les ONG cherchent à améliorer les moyens de subsistances des jeunes et leur résilience aux chocs économiques. Ces ONG encouragent les jeunes hommes et femmes à participer à des groupes d’épargne collectives, tout en créant des activités génératrices de revenus, tels que la fabrication et vente de briques. Ces activités ciblent les agriculteurs et leur permettent de diversifier leurs revenus.

En pratique, les organisations combinent ces différentes approches. Certaines activités, telle que la formation vocationnelle, sont utilisées dans les deux approches. 

Aider les jeunes à aller de l’avant 

Ces interventions aident certainement les jeunes à s’en sortir, mais aident-elles à les faire avancer ? C’est une question essentielle lors de l’élaboration de programmes dirigés à la jeunesse en particulier. Les jeunes hommes et femmes nécessitent de l’espoir et des opportunités à construire un avenir indépendant.

Dans certains cas, ces interventions peuvent être déterminantes pour les individus bénéficiaires. Un bénéficiaire d’un des programmes au Burundi explique que sur une période de 5 ans, son emprunt pris d’une caisse d’épargne, lui a permis à investir dans la culture de riz, pour ensuite repayer son emprunt ; et, des profits générés, il s’est obtenu quarte chèvres et deux cochons et s’est construit une maison durable.

Cependant, une autre personne interrogée (appartenant à une association similaire) explique que certaines personnes peuvent créer des changements, et travaillent généralement dans l’agriculture, mais que ces changements ne sont pas viables sur le long terme.

Ces aboutissements sont bien éloignés de l’emploi sur une échelle significative. L’emploi salarié offre des avantages que ces interventions ne peuvent pas délivrer, tels que la stabilité et le transfert de risque de l’employé à l’employeur. En tenant ceci en compte, les ONG devraient considérer ce qu’elles ont de concret à offrir aux jeunes et se concentrer sur des ambitions réalistes.